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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 18:00

C’est jour de marché sur Portobello road. C’est aussi jour de chance : le soleil brille haut dans le ciel. Les traces de la dernière pluie luisent sur la peinture blanche qui semble fraîche sur le goudron. Nous regardons à droite d’abord, à gauche ensuite pour traverser. Tout commence de l’autre côté du trottoir. Au-dessus de nos têtes le métro hurle quand il repart.

Les camelots attendent patiemment. Ils laissent le visiteur se prendre dans les filets des objets désuets, touristiques, brillants, humoristiques. Un regard leur suffit et ils approchent. Ils baragouinent un prix, sourire aux lèvres. On se regarde, on discute rapidement : la monnaie change de main. Un goodbye murmuré, et déjà les premiers souvenirs. Le voyage a à peine commencé.

En allant à Portobello road
En allant à Portobello road

Il est midi o’clock et les odeurs de fish n’chips ont déjà envahi les rues. Leur fumet attire les estomacs les plus précoces, et non les plus précieux. Entre les étals, aucune hiérarchie, c’est curieux. A côté des pains et des fruits aux couleurs vives, les vieux disques et les vêtements des nineties. Aux angles des rues, parfois, un musicien fait vrombir sa guitare ou résonner sa batterie.

En allant à Portobello road
En allant à Portobello road

On s’interroge, on rit, on se bouscule aussi. Bientôt Notting Hill. Les stands de trois pieds ne suffisent pas à couvrir les façades qu’on devine et qui explosent bientôt, en rouges et en verts, en bleu d’azur et en jaunes citron, chassant toutes les gammes du gris que l’on a déjà subi. Les portails, comme les portes ou les fenêtres, sont fermés, et laissent soigneusement les passants à distance pour se laisser admirer.

En allant à Portobello road
En allant à Portobello road

Tout à coup les rues sont vides. Pas la moindre voiture ni même un taxi. Des vélos, ça oui, rangés sagement en épi devant les drugstores. La faim nous tenaille le ventre et l’on regrette les offrandes qu’on dédaignait une heure auparavant. Le ciel se couvre, car telle est la coutume ici : sitôt à l’aise revient la pluie.

En allant à Portobello road
En allant à Portobello road

Un banc aux lattes de bois verni, un arbre aux branchages bien garnis : cela fera l’affaire. Toutes proches, les maisons victoriennes. Blanches pour la plupart. Les moins timorées osent les pastels : de la gaieté, oui, mais sans choquer les invités. Des colonnes pour souhaiter la bienvenue, et des plantes, partout et aussi des fleurs. Là encore, personne derrière des rideaux inexistants : à se demander si les Londoniens n’ont pas déserté leur pénates il y a quelques instants.

En allant à Portobello road
En allant à Portobello road

On n’a plus vu le marché ensuite. Il aurait fallu remonter jusqu’à Notting Hill mais nous voilà déjà devant Holland Park. Dans l’autre sens, les badauds continuent à affluer. C’est samedi matin, c’est jour de marché. On arrive aux jardins de Kensington. Pause méritée, avant d’aller explorer les palais. Un écureuil passe à nos pieds, nous ouvre la voie. Ici, il faut toujours suivre quelqu’un, quel qu’il soit.

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