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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 19:00

 

Sept longues années le séparaient de ce souvenir douloureux. Avec son frère, il avait du partir vers le sud et franchir les montagnes pour affronter la chaleur et les mauvais traitements. Dans cette prison, puisque tel est l’endroit où l’espoir n’est point et où les heures s’étirent de tout leur long, il avait vécu quatre années sombres durant lesquelles son corps et son âme avaient souffert.

L’été venu, on lui avait indiqué la route du nord. Il n’y croyait point, mais puisqu’on le laissait aller, il partit et retourna auprès des siens. Son père se remariait, et alors Henri, pourtant las du voyage, montra bonne figure ; du moins celle-ci s’éclaira-t-elle lorsqu’il revit celle qui l’avait accompagné à la frontière. Diane, c’était son nom, lui glissa un regard, quelques secondes, puis lui sourit. Pendant que le regard de la dame revenait à la cérémonie, Henri resta comme hypnotisé par cette vision qui l’avait ébloui.

La brillance du noir
La brillance du noir

 

C’est ainsi qu’il présenta ses hommages, en mars de l’année suivante, à Saint-Denis. La nouvelle reine était couronnée, mais celle qu’Henri poursuivait de sa juvénile ardeur n’était autre que la dame de Brezé. Elle portait, ce jour-là, joyaux d’or et robe de satin, et le jeune prince conçut des projets qu’il savait illusoire. Ne voulant, par un geste insensé, qu’on pensât à une offense, c’est devant elle qu’il s’agenouilla et abaissa sa lance.

La brillance du noir
La brillance du noir

 

L’annonce de la mort de l’époux de la dame mit le prince en un état de transi. Il ne sut que faire, et de fait ne fit rien car on ménageait pour lui un très grand mariage qui assurerait notre destin. La marchande italienne, puisque c’était son surnom, arriva à la cour. Henri fut néanmoins consolé de la voir à son goût. C’est alors qu’il fallait choisir un lieu pour préparer les festivités : la jeune veuve proposa le nom d’Anet.

La brillance du noir
La brillance du noir

 

Anet était son domaine que la famille tenait de longue date. Elle rêvait d’en faire un palais à la nouvelle manière dont le roi François était friand et qui assurait s’y plaire. Pour le moment c’était un manoir de briques qu’elle affectait de goûter mais qui, l’hiver, finissait par l’inquiéter. Elle voulait des pierres blanches, et une jolie cour ; elle se voyait en des jardins pour s’y remémorer ses amours.

La brillance du noir
La brillance du noir

 

Tout fut réglé en ce château cependant qu’en Méditerranée la jeune Catherine voguait et apportait sa dot. L’alliance était avantageuse pour les deux partis, l’un en tirant le prestige de la maison tandis que l’autre espérait de la belle-famille de fructueuses concessions. Cependant qu’on s’affairait à régler le moindre des mots, Henri n’avait d’yeux que pour celle qui désormais portait le noir, se pressant auprès d’elle et l’abreuvant de tendres propos.

La brillance du noir
La brillance du noir

 

A la fin de ce nouvel été, l’affaire était conclue. Les grands se félicitaient de cet accord qui ne devait jamais être rompu. A la veille du départ, Henri et Diane se retrouvèrent seuls dans le petit jardin. Et tandis que cette femme au visage fin et doux l’entretenait des projets auxquels elle aspirait pour Anet, Henri, à la fois penaud et exalté, bredouilla qu’il l’aimait. Point perturbée, la dame lui sourit et l’assura de son amitié, cependant qu’en elle naissait une flamme destinée à longtemps brûler.

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