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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 18:00

Depuis le camp des Maures, on aperçoit le haut plateau de la Castille. Les monts semblent lointains, et déjà on les imagine peuplés des moulins du Quichotte et de chevaliers errants trop pleins de littérature. Ce pays est si proche et pourtant, l’environnement dans lequel on se tient n’a que très peu à avoir avec lui. Ici règne la verdure des jardins et la blancheur des palais.

Ici est le palacio real, car il faut garder les mots dans cette langue chantante et musicale. A son faite le drapeau sang et or flotte, indiquant la fierté de la dynastie et l’unité certes chancelante du pays. C’est là le pouvoir politique dans toute sa rigueur, se reflétant dans l’armée de colonnes et la cohorte de parterres en fleurs. Le tout sur les ruines d’un alcazar fumant, emporté par les flammes en un siècle lointain.

Los Austrias 955Los Austrias 913

Du palacio on glisse à la plaza, mayor de surcroît. Les fières ailes affichent leurs tourelles comme des chapeaux, en des pointes si hautes qu’elles touchent le cielo. Le rouge est leur habit, et d’étranges figures s’y tordent et s’y exhibent. Ce sont des femmes et des anges qui font planer sur le roi de bronze les ombres de leurs mouvements.

Los Austrias 940Los Austrias 941

Puis les Autrichiens laissent la place à des forces plus spirituelles. Fini le tranchant de l’épée, c’est du livre que viennent des mots aiguisés. Et la pierre prend la couleur du sang, sacré bien entendu, du christo rey qui coula sur ces terres sans cesse plus. Saint Nicolas, de Bari venu, y a son temple et ses louanges. Pour faire bonne figure il met, lui aussi, ce chapeau étrange.

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Le discours politique s’est tout à fait tu, remplacé par les chants oubliés des déchaussées. Par Isabelle et Jeanne fondé, le monastère dort à l’abri du roi et des conifères. Protégeant ses œuvres comme des bijoux immortels, il fait bonne figure, copiant le modèle classique pour ne pas éveiller des lubies tragiques.

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La plus vaillante, celle qui s’approche le plus de ces empereurs d’un monde infini, est la catedral d’une Maria royale. Sise sur le faite de la ville, elle a tout d’une citadelle. Comme jadis pour l’empire, le soleil a peine à recouvrir sa façade entière ; mais c’est à l’intérieur qu’il pénètre le mieux, pour faire jaillir de l’or et de l’immaculé des richesses bientôt révélées.

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Une colline pour dominer, une capitale pour gouverner. Le Habsbourg marque la ville, y met ses monuments et érige ses églises. Mais, s’il sait s’imposer, il sait aussi se faire discret, et ne pas avoir l’outrecuidance de changer jusques aux sons qu’il sait trop mélodieux pour ne pas flatter l’ouïe et le corazon. Et de cœur Madrid ne manque pas, elle qui a vu de la domination étrangère le trépas.  

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commentaires

M
Très belles prises de vue de la plaza mayor. J'ai traversé Madrid en voiture sans m'arrêter. Je le regrette. Belle semaine
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E
c ' était donc Madrid, j' ai navigué entre l' Italie et l' Espagne, assez perplexe , je dois dire<br /> bonne soirée
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