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4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 19:17

En sursaut, Mary bondit hors de son rêve. Elle prend appui de son coude sur le banc, se redresse. Le soleil déjà haut lui indique qu’elle a passé ici la nuit et une bonne partie de la matinée. Entre les martèlements typiques de ce mal de crâne communément appelé gueule de bois lui parviennent deux idées comme deux urgences : les enfants et le travail. Avec un peu de chance, Mickey et Sam sont à l’école, si toutefois leur père a daigné se lever et les préparer. Mary est debout. De Phénix Park où elle se trouve, elle peut être chez elle en dix minutes.

En sortant du parc, Mary trébuche sur une branche. Un agent de police la relève, s’enquiert de sa santé. Elle le rassure et lui demande l’heure. Il vaudrait mieux qu’elle aille de suite au travail. Elle examine ses vêtements : elle est propre. Elle remarque que l’agent l’observe curieusement. Mary rougit, s’excuse de parler toute seule et s’excuse encore de devoir partir. Elle se présente chez son employeur avec trois heures de retard. Jim, le gardien, semble étonné de la voir. Est-ce qu’elle vient voir ses anciens collègues ?

 

Feule et tousse
Feule et tousse

Pas du tout, répond Mary, elle vient prendre son poste. Jim reste interloqué. Mary a été licenciée trois semaines auparavant. Trop de retards, trop d’alcool, trop d’erreurs. L’information parvient maintenant à son cerveau. Bien évidemment qu’elle la connaissait, cette histoire de licenciement. Mais la céphalée et l’horrible surprise de se réveiller une fois de plus dans un parc public – le plus grand de la ville, qui plus est – l’ont conduite à se précipiter comme un automate encore bien réglé. Mary regarde Jim et renonce à lui demander s’il y a des postes à pourvoir. De toute façon, elle boit trop et ils le savent bien.

 

Feule et tousse
Feule et tousse

Elle décide de rentrer chez elle. Elle pourra y prendre une douche chaude, et un café. Aussi elle changera ses vêtements, qui dégagent une âcre odeur de sueur. Sur le chemin, elle passe devant cette petite maison si charmante, qui lui fait penser à celle de son oncle, dans l’ouest, où elle passait ses vacances lorsqu’elle était une enfant. Puis elle longe la gare d'Heuston, calme à cette heure-là, car les travailleurs se lèvent tôt, et sûrement pas en ignorant ce qu’ils ont bien pu faire la veille.

 

Feule et tousse

L’appartement qu’ils occupent avec Ronan et les enfants se trouve dans la rue de la distillerie Guinness. Ronan a laissé un mot sur la table. Parti bosser. Reviens tard. N’oublie pas les enfants. Sur une chaise, Mary laisse choir toute la pesanteur de sa situation. Elle allume la radio. Encore une de ces émissions politiques et économiques que Ronan apprécie tant. Un journaliste y va de son laïus sur le miracle économique irlandais. Nous sommes un tigre, et nous montrons les crocs, éructe-t-il. Mary regarde ses ongles rongés par ses peurs.

 

Feule et tousse
Feule et tousse

Après s’être lavée et avoir mangé le restant de ragoût que Ronan a cuisiné pour les enfants la veille, Mary fournit un effort colossal pour ne pas se vautrer dans le canapé et s’abîmer un peu plus devant la télévision. Elle doit trouver du travail. Le salaire d’ouvrier de Ronan ne suffit pas, et pourtant, le journaliste l’a dit tout à l’heure : on embauche à tour de bras dans ce pays. Le robinet de l’argent facile est ouvert, et il n’y a qu’à joindre les mains pour s’y abreuver. Mary sort, les cheveux encore mouillés. Elle s’en va cueillir les fruits de l’abondance.

 

Feule et tousse
Feule et tousse

Jack, caissier à l’épicerie, secoue la tête. Pas de travail, ici. Mary songe que son goût pour la boisson est connu dans le quartier. Qui voudrait de quelqu’un qui commence à dérailler sitôt que la pendule indique quatre heures ? Jack lui conseille d’aller faire un tour du côté des grands centres commerciaux qui ont ouvert, en périphérie de la ville, ou bien auprès de l’entreprise qui gère les péages des autoroutes. Mary le remercie. Pour aujourd’hui, ça suffit. Elle va rentrer chez elle avant d’aller chercher les enfants à l’école. En attendant, elle pourra boire un petit remontant.

 

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21 septembre 2018 5 21 /09 /septembre /2018 18:00

J’étais parti traîner sur les bords de la Liffey. Il était encore tôt, quinze ou seize heures, mais il semble qu’il était trop tard pour trouver du travail. La veille, à l’aube, on m’avait embauché comme portefaix au marché. J’y avais cassé mon dos à coups de pommes de terre noircies et de choux verdâtres. Épuisé, j’avais décidé pour la soirée de lorgner sur les auberges pour un repas chaud et un verre de bière fraîche. J’avais tout bu. Ma bière et mon salaire.

 

Comme je le disais, je longeais alors la Liffey sur la rive droite. Sur l’autre rive, plusieurs navires étaient amarrés devant l’immense bâtiment des douanes, qui fait se pâmer les jeunes gens épris d’architecture. Pour ma part, je trouve que ce mastodonte n’a rien à faire dans une ville comme Dublin, qu’il y est comme un prince dans un mariage paysan. Ses habits d’or ne peuvent y être tâchés que de boue. Les navires attendaient et moi, je passais mon chemin.

Toute la morgue du monde
Toute la morgue du monde

L’eau placide et boueuse me dégoûta soudain. J’eus envie de revenir vers la ville, de sentir son sein chaud contre mon corps perclus de fatigue et de douleurs, car je m’étais battu, la veille, avec l’un de ces jeunes messieurs qui aiment à s’acoquiner dans les quartiers les plus chauds de la cité. Évidemment, ils retournent ensuite chez eux, dans leurs demeures cossues où, si le domestique s’avise de leur faire remarquer leur tenue déplorable, ils le congédient qui d’un verbe un peu haut, qui d’un geste de la main, qui, même, d’un seul regard noir envahi de haine et de morgue aristocratique.

Toute la morgue du monde
Toute la morgue du monde

Le coquin m’avait cherché. Avec ses amis, il se moquait de mon allure, certes pauvre, mais que j’estimais digne toutefois de ces bouges où l’accumulation d’alcool vous fait oublier votre état dans la société. A trois ou quatre, car le courage chez ces bougres s’additionne à grand peine, comme quand un groupe de manants met en commun sa richesse pour acheter un quignon de pain, ils se mirent à m’insulter, à s’étouffer de ma prétendue pestilence, à me jeter même des pièces de cuivre pour que je veuille bien m’éloigner. Mon poing, indépendant de ma volonté, a alors rencontré la figure du plus proche.

Toute la morgue du monde
Toute la morgue du monde

Son nez s’est mis à saigner abondamment. Ses camarades, se souvenant de leur prétendue supériorité, se jetèrent alors sur moi et me rossèrent. Dans la tourmente, je me débattis comme un beau diable, moulinant et cognant au hasard puis je m’enfuis, me heurtant aux murs que, mon visage tuméfié, je ne voyais pas. Lorsque les plaies de mon corps et le feu dans ma poitrine se furent calmés, je rentrai chez moi, ne croisant que quelques créatures de la nuit que ma jeunesse avait trop souvent fréquentées.

Toute la morgue du monde
Toute la morgue du monde

C’est pour cela que, ce matin-là, je me levai fort tard, effrayé par la dispute vociférante de mes voisins de l’étage inférieur. La Liffey m’était apparue comme un havre de paix : je la retrouvai puis la trouvai franchement ignoble, alors je revins vers le cœur de la ville. J’arrivai près du Trinity College. Les étudiants en sortaient, vêtus à la dernière mode. Frères de nation mais traîtres de religion, ils représentaient fièrement la domination britannique, cependant que chacun qui les croisait dans la rue se damnait de ne pouvoir mettre leurs têtes bien coiffées au bout d’une pique. Moi, le catholique, soutint le regard de plusieurs de ces maudits protestants. Les postes les plus prestigieux de l’empire leur étaient promis ; quant à moi, c’était à la misère et à l’impossible survie qu’on m’avait destiné.

Toute la morgue du monde
Toute la morgue du monde

L’université leur était réservée et si mon pied franchissait la ligne, je ne doutais pas que sur la minute, il soit coupé. Mais tandis que je me tenais là, observant avec quelle distinction ces hommes comptaient prendre le pays sous leur protection, je reconnus mon coquin de la veille. L’œil au beurre noir et la lèvre fendue, il me vit et, sans même une moue méprisante, il revint vers ses amis. Je le savais troublé, mais il me savait impuissant. La frontière entre nous tenait là, dans son regard indifférent.

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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 19:00

A quoi ressemblent les derniers jours d'une condamnée ? J'avais atteint l'âge de mille kilomètres, dit le fou du livre. Elle, d'où nous la voyons, n'en a que cent-vingt à peine. La fin est proche et pourtant elle ne fait rien : elle ne se révolte pas, elle ne refuse pas son destin, elle ignorerait jusqu'aux suppliques de ceux qui, déments, voudraient l'arrêter. Elle va ainsi, victime volontaire, vers ce qui la perd. Alors nous la suivons.

Elle est née plus au sud, dans des montagnes sacrées où des tours et des clochers disputent aux sommets le privilège d'être remarqués. Elle n'est pas la plus grande, ni peut-être la plus belle. Se dirigeant d'abord vers l'ouest, c'est-à-dire vers l'intérieur des terres et ses sœurs aînées, elle renonce à son projet et regarde vers le levant, cédant aux rumeurs de l'océan, se rapprochant de lui jusqu'à s'y jeter. C'est cette petite mort que l'on est en train d'observer.

Le grand saut
Le grand saut

Bientôt, elle arrive dans la grande ville, la capitale, qui fait face à l'ennemi héréditaire, et qui pourtant porte le nom que lui ont donné ces adversaires. La Liffey : c'est le nom de cette rivière, ne serpente pas, ne minaude pas, n'hésite pas en donnant du méandre à ses aspirants. Elle file droit, fidèle à son objectif, traverse comme une flèche le cœur de la cité. Mais, loin de le briser, elle le consolide, unissant ses rives.

Le grand saut
Le grand saut

Timide, si fine qu'on la dirait frêle, elle longe les jardins d'agrément puis s'aventure, le long des mauvais quartiers, près des usines et des anciennes prisons. Elle revient alors vers les quartiers plus animés et plus joyeux, s'en défait avant d'apercevoir, enfin, le grand bleu. C'est là que nous la rencontrons : sa tête nous revient. Nous décidons de la suivre. Elle coule, paisible, sans fuir le  dénouement prochain. La journée se termine. Ambiance crépusculaire.

Le grand saut

Sur ses rives, des piétons se promènent, de tous horizons. Familles avec poussettes, jeunes cadres d'entreprises en vogue, étrangers venus de loin et parfois de tout près, mais ils passent, ne s'arrêtent pas ou presque jamais. Ils ont à faire : des courses, prendre le bus, chercher le petit à la crèche, courir au musée avant qu'il ne ferme. Ils jouissent un instant de cette tranquillité précaire, obligés par la placidité des eaux.

Le grand saut
Le grand saut

Longtemps, on l'a utilisée. Pour les moulins, les brasseries, les tanneries … Son eau était un outil, une force qu'on désirait s'approprier, pour s'éviter des efforts trop lourds, pour faire bien plus que ne le pourraient des mains d'hommes. Aujourd'hui, on la regarde. Elle est comme un animal qui tractait autrefois les charrues et dont on admire désormais l'élégance et la joliesse. Les monuments, bien-sûr, y ont leur place gardée, pour s'y mirer, pour bien y être admirés.

Le grand saut
Le grand saut

Bientôt, enfin, elle s'élargit. Dans son ultime mouvement, tandis que le large l'appelle, lui promet l'immensité et l'abandon d'elle-même, elle se gonfle, se grossit, brise les chaînes humaines qui jusqu'ici l'enserraient. Elle dit adieu aux œuvres d'art qui l'accompagnaient, elle rit des petits êtres à pied qui croyaient la dompter, elle goûte au calme d'une nature libre redevenue maîtresse. Et, sans un bruit, sans y paraître, elle disparaît.

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 19:00

A les entendre, la pêche avait été miraculeuse. Tous y allaient de leur histoire, et s’esclaffaient de ces aventures maritimes, attendant de pouvoir étonner les autres. L’un d’eux, même, jura, la main sur le cœur, qu’il avait failli chavirer avec prise et équipage tant le poids semblait l’entraîner vers le fond. Cela était du, disaient-ils, au merveilleux soleil qui irradiait, depuis trois jours, la mer d’Irlande. De mémoire d’homme, jamais on n’avait vu cela.

Ivres de la bonne compagnie de tous ces hommes, ils liquidaient sans tarder les bières brunes et commandaient les suivantes illico, grisés sans doute par l’humeur héroïque qui flottait au-dessus des tables. Ils en profitaient pour avaler un peu de poisson, frais et grillé, se répétant que ce qu’ils pêchaient était diablement bon. Le patron, lui, se frottait déjà les mains : la journée était largement gagnée.

Trésors de la verte côte
Trésors de la verte côte

En sortant, ils titubaient à peine, habitués à ces mess officieux et répétés. La plupart retournait aux bateaux qui, dans le port, mouillaient calmement. Alignés, prêts à défier à nouveau l’océan, les mousses les astiquaient à ce moment, frottant avec l’énergie des damnés les ponts souillés par les viscères et le sang. Ces jeunes adolescents, à force d’effort, avaient le corps en feu, ne désirant qu’un mot du patron pour filer chez eux.

Trésors de la verte côte
Trésors de la verte côte

L’un de ces mousses reçut bientôt le précieux sésame. Assurant une dernière fois qu’il avait travaillé correctement, il se lança sur le quai, tendit la main, reçut du marin son dû en bel argent, ou plutôt en cuivre, compta rapidement et fila sans tarder. L’après-midi s’annonçait claire, et seul le vent qui se levait rappelait qu’on était sur la côte irlandaise. Le village regardait au large, vers les côtes anglaises, et nul nuage ne venait obscurcir l’horizon.

Trésors de la verte côte
Trésors de la verte côte

Le jeune mousse devait maintenant rentrer chez lui. Sa mère avait accouché, après lui, de huit enfants qui, tous, préféraient le poisson à la pomme de terre et dévoraient, les jours gras et les jours maigres, le pécule rapporté laborieusement du creux des vagues. Les pièces tintaient dans la poche de sa chemise cependant qu’il prenait bientôt de l’altitude, gravissant la colline qui dominait Howth, choisissant le chemin le plus long qui était aussi le plus beau.

Trésors de la verte côte
Trésors de la verte côte

Un mince fil de terre à peine sèche s’accrochait aux pentes vertes tandis que l’écume, en contrebas, se lovait silencieusement sur les rocs nus et déchirés. L’adolescent respirait à plein poumon l’air frais et fougueux qui battait la lande ; à ce moment le pays entier lui semblait sien et même les mouettes et les goélands qui planaient, indolents et tout à coup furtifs, paraissaient chanter au levant les louanges du nouveau roi qui s’établissait.

Trésors de la verte côte
Trésors de la verte côte

Sa maison était située sur le quasi faîte de la colline. Au loin se devinait la grande ville où, chaque semaine, sa mère se rendait pour y vendre les rares légumes qui étaient de trop sur leur table. Il salua ses deux plus jeunes sœurs qui se traînaient sur la terre, et poussa la porte. Posant la monnaie près de l’âtre, il embrassa sa mère puis demanda ce qu’il devait faire. Celle-ci le renvoya gentiment dehors, se réchauffer au soleil qui n’abdiquait décidément pas.

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 18:00

Michael, James et les autres seraient encore mécontents. Eux qui la rêvaient unie, cette grande île, ils savaient que la liberté aurait un prix, et que ce prix serait celui de la séparation. Qu’importe alors l’isolement originel, si à la nature les hommes ajoutent leurs revendications perpétuelles. L’Irlande ne se conjuguera-t-elle qu’au pluriel ?

Ils sont partout ces héros de la république, ces hérauts fameux qui portèrent les combats éipques. Leurs âmes lèvent encore les bras au ciel et patientent dans les halls pacifiques, cependant qu’au début du siècle on se battait encore pour une Irlande utopique. La chair a cédé la place à la pierre, et le sang ne circule plus dans ces veines minérales.

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Le souvenir est partout. Celui d’un vingtième siècle où les Dublinois firent sécession, à la tête d’une Eire qui n’attendait plus rien de l’Albion. Pas même un peu de nourriture quand la patate se fit rare, et qu’alors il fallait choisir entre la mort et le définitif départ. Les figures hâves sont aujourd’hui de bronze mais leurs traits dessinent toujours l’incertitude du soir qui vient.

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De ces pauvres hères, la Liffey en a vu passer, cependant que dans ses reflets se parent d’immenses palais. Douane ou justice, voilà les lieux du pouvoir, qui tirent l’oreille ou le porte-monnaie pour mieux sévir. Devant de telles colonnes on courbe l’échine, même si parfois, on s’y rendit pour rendre à la pièce à ceux qui battaient monnaie.

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Chaque pavé porte le poids des pas meurtriers. A chaque rue son épitaphe, quand ce ne sont pas les personnages de Joyce qui se servent des corners comme paragraphes. Les belles maisons renferment ou le sang vert ou les vertes prairies peintes, en des trésors d’art où l’œil se perd. De Hugh Lane on descend sur O’Connell, où attendent les fish’n’chips autour de la flèche irréelle.

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Mais la langue n’est-elle pas l’anglais, honni quand on parle de l’homme, reconnu quand on contemple la cité ? Les demeures qu’on dit géorgiennes ne sont que la lignée des empreintes londoniennes. Même l’obélisque wellingtonien assure de la contribution de tous les sujets britanniques contre le conquérant ajaccien. Le phénix anglais n’a pas survécu à ses cendres ; c’est une flamme bien verte qui brûle et ne veut plus jamais se rendre.

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Forte de tout un héritage fait de soumission, rébellion et concessions, Dublin a trouvé dans cette inacceptable immixtion la voie vers une étrange identité. Le royaliste a laissé sa marque dans les rues et dans les têtes et, se cramponnant, il a, en s’arrachant, laissé béant ce qu’il comblait de force auparavant. Depuis, de nouveaux noms sont venus, jouant avec le seul mot liberté ou bien créant, à partir de l’ancien instrument de la domination, les pièces neuves d’un puzzle en pleine création.

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 22:37

23 janvier 2010. Après une courte nuit, nous nous rendons à l'aéroport de Beauvais-Tillé pour prendre le vol en partance pour Dublin. 1h30 de vol plus tard, nous apercevons les côtes irlandaises qui se dessinent.

Depuis l'aéroport, un bus emmène directement les passagers en plein centre de Dublin, à côté du Spire. Le Spire ? Une grande colonne métallique de 120m de haut, en plein rue O'Connell (O'Connell Street) et qui a remplacé une colonne Nelson.

Dublin 008

Pas de chance ce jour-là. Un brouillard opaque enveloppe la ville et celle-ci se laisse deviner difficilement. Nous nous engageons pourtant à la découverte de la cité si chère à James Joyce. Sa statue est d'ailleurs érigée dans une rue perpendiculaire à O'Connell Street. Sur cette rue, les statues des grands hommes irlandais se succèdent : littérateurs et libérateurs politiques tiennent le haut du pavé. Plus généralement, Dublin est empreinte de l'histoire récente de l'île et sa libération du Royaume-Uni. A cet égard, le bureau des Postes est l'un des hauts lieux de la résistance irlandaise.

L'Histoire est partout dans la ville. En témoigne, notamment, le mémorial de la famine qui a frappé l'Irlande entre 1846 et 1849 à cause d'une maladie de la pomme de terre, l'aliment de base des paysans irlandais.

Dublin 034

Dublin s'étend le long de la Liffey. Pourtant, nous ne nous y sommes pas attardés. Nous avons préféré marcher au gré des rues, entre les hautes maisons rouges. L'esprit ouvrier, populaire, est présent partout dans les rues dublinoises.

Dublin 089

Quelques monuments remarquables sont tout de même à signaler. Tout d'abord, le château de Dublin ; paradoxalement, c'est l'une des rares empreintes du pouvoir britannique en Irlande. L'entrée du château est de style médiéval ; une imposante tour nous indique l'entrée. Dans la cour, le classicisme prend le relais. Les intérieurs reprennent le même style classique ; les couleurs des intérieurs contrastent avec les gris de l'extérieur. Une jolie visite dans l'ensemble, ponctuée par la découverte des fondations des premières fortifications. Une petite remarque : la visite est guidée et seulement en anglais ; nous n'avons même pas eu de plaquettes d'informations en français. Heureusement que nous avions une très bonne traductrice !

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Remarquable aussi est le style tout celtique de la cathédrale Saint-Patrick qui, paradoxalement là encore, est devenue un lieu de culte protestant. La cathédrale catholique est un peu plus au nord ; c'est la Christ Church Cathedral.

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Le Trinity College est l'université de Dublin : un endroit ouvert à tous les passages où les étudiants se mêlent aux touristes. Le calme règne. Les pavés abîment les pieds mais la nature omniprésente apaise les yeux.

Dublin 066

Bons plans

Prévoyez un budget visite assez important si vous voulez tout voir ; sinon, sélectionnez quelques lieux. Pour notre part, nous avions seulement visité le château. Les entrées aux cathédrales sont extrêmement chères (plus de 10€ !).

Pour y aller, Dublin est desservi par Ryan Air dans de nombreux aéroports français. Sachez profiter des réductions nombreuses et régulières que la compagnie propose. Nous avions eu des vols A/R à 30€ par personne !

Pour les hôtels, difficile de porter un jugement : nous avons fait l'A/R dans la journée. Cependant, sachez que les hôtels sont chers dans la capitale irlandaise.

Laissez-vous entraîner dans l'un des nombreux pubs de la capitale irlandaise : si Temple Bar est la rue de la soif la plus célèbre de Dublin, il y a sûrement de nombreux autres débits de boisson intéressants à découvrir !

Gastronomie

Le whiskey est l'une des deux boissons nationales, avec la bière. Les whiskeys irlandais ont la particularité d'être distillés trois fois quand les whiskys écossais ne sont distillés que deux fois seulement. Paddy, Bushmills, Jameson ... les marques ne manquent pas !

La bière est aussi une institution nationale. Parmi toutes les marques, la Guiness est la plus célèbre. La brasserie éponyme se visite à Dublin mais, surtout, elle se boit dans tous les pubs de la ville !

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